La doctrine juridique, en Côte d’Ivoire, doit demeurer le lieu de la vérité légale, contre vents et marrées

L’inflation rhétorique autour des derniers événements dans le Gbêkê, au centre de la Côte d’Ivoire, pour ne citer que ceux-là, interpelle aussi bien les politiques que les intellectuels.

Certes, il peut-être difficile de démêler l’enchevêtrement des causes et des effets sur certaines questions et dans certaines circonstances, tel que le développe le professeur Eric Desmons de l’Université Paris 13.

Pour autant, il n’est pas exagéré de dire que le droit, et partant la politique, doivent constamment être saisis par la morale, si on veut préserver la quiétude des populations, la fiabilité et la stabilité des institutions. La science du droit, qui dans sa grande majorité, feint de ne pas le remarquer, cautionne en Tartuffe – ou en monsieur Jourdain pour certains – cette emprise généralisée en oubliant, comme dit le poète, que « ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que c’est toujours celle des autres ». Celle des juges, en l’occurrence, qui prend la forme d’un despotisme tenu pour légitime et donc souhaitable.

Il faut entendre ici le despotisme à la manière des Physiocrates, qui distinguaient le despotisme illégitime – celui d’une organisation politique où règne l’arbitraire – du despotisme légitime, celui d’un système souhaitable en raison, dans l’optique de P. Le Mercier de la Rivière, qui serait ici celui des droits fondamentaux, mais qui ne peut que dégénérer en despotisme de l’expert, à savoir le juge, puisque c’est lui qui dispose de l’interprétation authentique du droit.

La doctrine juridique, en Côte d’Ivoire, dans cette période sensible qui conduit aux élections de 2020, doit s’efforcer de s’ouvrir à une perspective nouvelle, héroïque et gratifiante : légitimer scientifiquement, par le simple fait du commentaire, les textes de lois et demeurer le lieu de la vérité légale, contre vents et marrées.

Pascal R.

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